L'immeuble trois-fenêtres du 1er arrondissement date souvent du XVIIIe ou du XIXe siècle : une cage d'escalier d'un mètre de large, des marches en pierre usées au centre, un palier où deux personnes ne se croisent pas. Aucun meuble d'aujourd'hui ne descend entier. Tout ce qui sort d'un appartement de Noailles ou de la rue Longue-des-Capucins sort démonté, en sacs ou en cartons, par rotations successives.
S'ajoute la mitoyenneté. Les cloisons sont fines, les gaines communes, et un dégât des eaux au troisième se lit au plafond du premier dans la journée. Quand nous intervenons ici après une fuite ou un incendie, la première question n'est jamais l'appartement sinistré : c'est de savoir jusqu'où l'humidité ou la suie est déjà partie chez les voisins.
Enfin, le 1er concentre une part importante des procédures d'insalubrité et des arrêtés de péril de la ville. Nous travaillons régulièrement en présence d'un gestionnaire, d'un opérateur d'habitat indigne ou d'un mandataire, avec un rapport photo daté à la clé — parce qu'ici, le nettoyage fait souvent partie d'un dossier plus large.